S’ostiner avec les normes de la langue française

Par Corinne Fraser et Sarah-Maude Savard

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Avec le temps, plusieurs mots ont été modifiés afin de s’adapter au langage des québécois. Par exemple, un mot qui nous fait souvent nous questionner : s’ostiner. Faut-il s’obstiner, s’ostiner ou s’astiner ?

On est tous d’accord que, peu importe la façon dont il s’écrit, « ostiner » signifie s’entêter dans une idée ou une action ou encore contredire avec acharnement. Pour trouver la raison pour laquelle le mot obstiner est devenu avec le temps « ostiner », il faut remonter jusqu’au XVIIe siècle. Les grammairiens de l’époque s’entendent alors pour dire que le « b » ne se prononce pas dans les mots où il se trouve suivi de deux consonnes. D’ailleurs, c’est surement à partir de cette prononciation qu’est venu le mot « ostiner » (lorsqu’on omet de prononcer la lettre b).

Si l’absence du b dans la prononciation d’obstiner a des origines bien établies, en revanche, pour la forme « astiner », que l’on entend souvent dans des propos québécois, il s’agit probablement d’une simple variante phonétique, car il n’y a aucune différence de sens entre les deux formes.

Néanmoins, la forme « astiner » n’a été révélée nulle part ailleurs qu’au Canada français. Par ailleurs, on n’en trouve aucun exemplaire dans les dictionnaires français. Cependant, quelques rares glossaires ont attesté le verbe « s’ostiner » avec des définitions semblables qu’il y a au Québec et dans deux ou trois régions de la France.

On sait maintenant que lorsqu’on dit : « Ostine-moi pas ! », on s’exprime en français du XVIIe siècle. Lorsque vient le temps de décider si l’on emploiera le verbe ostiner ou obstiner, il serait dommage de s’en priver dans la langue orale alors que ce mot peut prendre de multiples possibilités d’expressions. Bref, on s’ostinera pas avec ça !

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