Un été sur l’île d’Ellesmere

Par Sarah Duquette

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Montréal-Ottawa-Iqaluit-Resolute Bay-Eureka-Tanquary Fjord-Lake Hazen

Voici le trajet qui m’attendait au début de l’été dernier…

Après plus de 3500 km au-dessus du nord du Québec (Nunavik) puis du Nunavut, survolant paysages gelés, glaciers, mers et banquises, notre avion de brousse équipé de skis atterrit sur le Lac Hazen. Ce lac, le plus grand des lacs au nord du cercle arctique, défile à perte de vue, entouré de montagnes et glaciers. Je réalise à peine où je suis, tellement le voyage est déstabilisant, à couper le souffle, et différent de tous les autres que j’ai vécus.

Le campement du Lac Hazen est un des trois campements à l’intérieur du parc national Quttinirpaaq, mot qui veut dire « sommet du monde » en Inuktitut. Ce parc, faisant partie des 38 parcs et réserves de parcs nationaux gérés par Parcs Canada, représente la région naturelle de l’extrême arctique Est. Le climat y est bien particulier. Il reçoit aussi peu de précipitations que le désert du Sahara et l’hiver connaît des températures aussi froides que -60 degrés Celsius, en plus d’être dans la noirceur complète 24 h/24  d’octobre à février. Il va donc sans dire que ce parc n’est accessible et ouvert que durant l’été. Les quelques chanceux qui s’y rendront connaîtront quant à eux le soleil de minuit (24 h/24 de soleil tapant), en plus d’expérimenter un sentiment d’isolement sans pareil. Difficile de trouver endroit dans le monde aussi peu perturbé et aussi loin de toute civilisation ! De plus, le parc y accueille tout au plus une dizaine de randonneurs par année. Pourquoi aussi peu de randonneurs ? Avec des frais de voyage en avion environnant les 30 000 $, peu de gens ont la chance de se payer un tel voyage ! Sachant cela, je me sentais encore plus privilégiée d’y passer mon été. Fait intéressant, ce parc est le point de départ des explorateurs du pôle nord, puisqu’il était le dernier « bout de terre ferme » avant la banquise du pôle nord !

Mais qu’est-ce que j’allais faire aussi loin ? J’ai accepté une affectation dans le cadre de mon travail pour aller supporter l’équipe terrain déployée dans ce parc à l’été. Nous étions une petite équipe de quatre (deux personnes par campement, séparés de plusieurs centaines de km l’un de l’autre). Nous occupions nos journées à faire l’entretien des installations et des équipements, à réaliser différents suivis des écosystèmes arctiques, à assister des chercheurs dans leur collecte d’échantillons et bien sûr à recevoir les quelques visiteurs. Enfin, nous étions en constante exploration pour trouver des randonnées potentielles à proposer aux visiteurs. Le parc est tellement vaste qu’il y a encore des secteurs non explorés. Le soir, je retournais à ma tente crevée, mais la tête pleine d’aventures, de rencontres animales inusitées, de défis relevés, de peurs vaincues et de souvenirs que je ne suis pas prête d’oublier.

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