Opposition à l’expropriation de l’Anse à l’Eau

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Dans une lettre adressée à la population de Tadoussac, deux résidents de l’Anse à l’Eau se dissocient du projet d’expropriation réclamée par « Les hôteliers de la 138 ».


À propos du réaménagement de la route 138 

Chers concitoyens de Tadoussac,

Comme vous le savez sans doute, un groupe de gens d’affaires réclame la démolition d’une partie importante du quartier de l’Anse à l’Eau pour construire un stationnement. Plusieurs lettres portant la signature « Les hôteliers de la 138 » circulent à cet effet.

Nous tenons à préciser dès le départ que ce n’est pas par manque d’intérêt que nous avons été jusqu’ici discrets dans ce dossier. C’est simplement que, dans notre esprit, ce projet d’expropriation n’avait aucun sens.

Toute personne ayant à cœur Tadoussac comprendra l’importance de protéger le caractère patrimonial et historique du village, de l’entretenir et de le mettre en valeur au profit des générations actuelles et futures. A-t-on besoin de rappeler que ce projet met en péril l’intégrité du territoire du plus vieil établissement français en Amérique du Nord ?

La question de démolir l’Anse à l’Eau ne devrait même pas se poser. On ne détruit pas un quartier historique, des maisons datant du 19e siècle, des bâtiments abritant des antiquités, des commerces créateurs d’emplois et générateurs d’activité économique sous prétexte de faire un stationnement. Pas plus qu’on ne sollicite l’expropriation de la rive d’un lac alors qu’elle appartient presque en totalité au secteur public.

À nos yeux, le seul point d’intérêt de cette proposition est de faire miroiter aux éventuels expropriés la possibilité de se débarrasser de leurs propriétés à gros prix.

Soyez assuré qu’en ce qui nous concerne, notre passion pour Tadoussac n’est pas monnayable. Nous n’avons aucune intention de nous départir des propriétés construites et entretenues par nos familles depuis des décennies ou d’appuyer la destruction, même partielle, d’un quartier qui nous a vus grandir.

Nous comprenons que gérer la circulation à l’approche des traversiers peut être complexe. Toutefois, il y a quelques années, le ministère des Transports du Québec proposait des scénarios d’aménagement qui satisfaisaient ses besoins, tout en minimisant les dommages à notre quartier.

En 2018, nous croyons qu’en faisant appel à quelques brillants cerveaux et en mettant à contribution les nouvelles technologies, il serait même possible de gérer la circulation de l’extérieur du village.

Quant aux problèmes de sécurité soulevés par les « hôteliers », nous les jugeons nettement exagérés. Quiconque emprunte régulièrement la 138 aux abords du traversier sait que l’étroite surveillance exercée par la Sureté du Québec fait de cette portion de route l’une des plus sécuritaires de la région.

Même si notre tentation est grande de répliquer aux propos mensongers et parfois mesquins véhiculés dans certaines lettres, nous nous limiterons, pour l’instant du moins, à vous réitérer notre engagement à défendre la pérennité de l’Anse à l’Eau et à nous dissocier de ce projet d’expropriation insensé.

En tout respect,

Pierre Simard, 149 rue du Bateau-Passeur, Tadoussac.
Benny Beattie, 141 rue du Bateau-Passeur, Tadoussac.

C.C. Conseil municipal de Tadoussac

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