Le BerSo de Sorraya

Par André Tremblay

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À Tadoussac, une nouvelle petite entreprise (OSBL) nous est née, comme dirait la chanson. Pour nous Tadoussaciens d’origine, rien d’étonnant. Pour vous lecteurs assidus, c’est notre personnage haut en COULEUR par ses multiples talents.

Depuis plus de 50 ans partout dans le village, c’est So par ici, So par la. Durant son enfance et adolescence, ces deux lettres retentissent sur les lèvres de tous et chacun au quotidien. Si vous y ajoutez un L vous comprendrez que la musique coule dans ses veines de par ses origines. Le soleil lui transperce les yeux et la chaleur du sud enveloppe ses amitiés au rythme de son pays d’origine.

Un jour elle est devenue Mme So de par le métier qu’elle a choisi, l’enseignement. Vouloir redonner au suivant ce que son milieu d’adoption lui a donné était son plus grand désir.

En rémission d’un cancer fulgurant, selon elle, sa santé doit passer par la créativité tout en continuant de donner et partager. Elle a eu la chance de rencontrer un ange habité par une générosité incommensurable et une ouverture d’esprit peu ordinaire pour l’époque. D’avoir gravité dans le Trio féminin le plus prolifique de l’histoire de Tadoussac, l’a poussée à se dépasser et à développer sa personnalité. C’est Mme Édouardine Brisson, veuve autonome avec neuf enfants turbulents, qui a eu l’audace de lui faire de la place au sein de la famille. Cette dernière, pivot du trio, avait comme ailiers Yola et Adélia Marquis. Avec Soraya dans leur jupe, elles étaient de tout ce qui bougeait à Tadoussac à cette époque. Si elles n’ont pas inventé le bénévolat, elles sont sûrement celles qui ont insufflé l’esprit qui perdure encore aujourd’hui. Haute comme deux pommes, on la poussait à se dépasser. Pourtant, elle n’avait pas besoin d’être toujours en avant pour se faire remarquer avec la (bette) qu’elle avait déjà. Peut-être était-ce les premières leçons d’intégration des temps modernes.

C’est quoi BerSo

Pour Soraya, Tadoussac est le BerSo de la Nouvelle- France, c’est aussi le BerSo de son enfance. Pour elle, chaque individu commence dans un BerSo et on finit tous en se BerÇant. C’est pourquoi elle veut toucher tout le monde de 0 à 104 ans.

Pour ce faire, elle aura dans sa trousse de travail une panoplie d’interventions rejoignant tous et chacun de toutes les générations, en faisant appel aux cinq sens vitaux de l’être humain. Ce sera par l’histoire et le patrimoine vécus par chacun qu’elle entrera en communication avec eux. Chansons, danses, costumes, décors, photos, musique, odeurs, et goûter feront partie de chaque scénario de rencontre.

Ses talents seront à la disposition de tous. Que ce soit pour un party, un mariage, un baptême ou un événement, vous pouvez faire appel à ses services. Prochainement, on pourra la voir dans les garderies, écoles et CHSLD. Elle ira même dans les maisons privées agrémenter leur quotidien par sa présence et sa musique, une nouveauté dans le secteur.

Appuyée par des médecins, les soins infirmiers et les soins à domicile du CISSS, elle comblera ce que ces derniers ne peuvent donner. En deux mots, elle sera le prolongement de l’équipe médicale. À sa façon, elle soignera les âmes en comblant la solitude. Un des pires cancers des temps modernes.

Les étapes de son projet se résument en trois phases.

Premièrement : Monter le projet et les pro forma pour le présenter à la MRC qui le voit d’un bon œil, étant donné son aspect novateur. C’est un service complémentaire pour la région.

Deuxièmement : Lancer le projet et effectuer la mise en marche. Un local, aménagé chez elle, peut déjà recevoir des jeunes et des adultes qui veulent se découvrir par la musique, la danse, les percussions et le chant. Par une approche professionnelle, elle les aidera à se dépasser et à actualiser leurs talents.

Troisièmement : Un grand rêve qu’elle caresse depuis longtemps, la mise en place d’un centre des Arts professionnels.

À travers toutes ces démarches, son objectif principal est de demeurer, comme elle dit, active sur le plancher des vaches. Pour rien au monde, elle ne souhaiterait se retrouver derrière un bureau, enterrée de papier, de formulaires à remplir et occupée à répondre au téléphone.

Bonne chance So, longue vie à Mme So et que les arts puissent remplir la vie de Soraya Brisson. So, c’est l’essence même de Tadoussac. Un moment de rencontre, de partage et d’échange ; le tout dans la joie et la bonne humeur.

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