Marché de noël 2017

Par Dédé Troubley

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Un événement à la croisée des chemins :

Le Marché de Noël de Tadoussac est la suite logique du Petit Marché de Tadoussac. Il y a quelques années, articulée autour de Pascale Lacouline, une dizaine de personnes s’était regroupée pour créer le premier Club de Tricoteuses de Tadoussac.

Accueillie confortablement à l’Eau Berge autour d’une consommation, chaque mardi après-midi, la population était invitée à partager ses connaissances sur l’un des plus vieux métiers du monde. Pas celui que vous pensez, mais LE TRICOT.

Tout en conservant le patrimoine et la tradition vivante, c’était le moment idéal pour échanger sur les derniers ragots, de se partager le futur du village tout en étalant ses ambitions. Tout cela, en se confortant sur le futur trou noir qui nous attendait au début du printemps.

De ces rencontres est née l’idée de faire un petit Salon de Noël. Une idée originale des grandes cités. Au tout début, le Marché de Noël de Tadoussac se voulait tout simple. Quelques tables afin de s’échanger nos produits en invitant la population à une rencontre festive et communautaire avant l’arrivée des rites religieux de Noël et du Nouvel An. Si anciennement Jésus avait chassé les vendeurs du temple, Dédé de son côté, avec l’Eau Berge, voulait ouvrir grandes les portes pour les réinviter.

De ces rencontres est aussi née l’idée d’ouvrir une boutique artisanale occupée que par des produits artisanaux, locaux et régionaux par opposition au made in China qui inonde le village durant la saison estivale. Les produits étaient déposés en consignation et la marge de profit était minime, mais ça permettait aux gens de la région d’arrondir des fins de mois plus que fragiles, durant la saison hivernale où le chômage est roi. C’est ainsi que la boutique la Toupie, près de la Maison du tourisme, a pris son envol avec Ingrid Boulianne et Charles Fortin comme associés.

Au tout début du marché, le succès a été foudroyant. L’Eau Berge, servant de laboratoire avec son équipe de bénévoles pleins d’enthousiasme, est devenue presque trop petite pour accueillir locaux et régionaux venant faire leurs emplettes des fêtes.

Par la suite, les fondateurs se sont retirés pour toutes sortes de raisons. Comme dans bien des cas, la relève n’a pas suivi. C’est ainsi que cette année, Ingrid s’est retrouvée bien malgré elle, seule pour s’en occuper. Dans la même foulée, d’autres Marchés de Noël se sont multipliés dans chaque village de la Haute-Côte-Nord.

Pour l’édition 2017, Tadoussac avait quelque onze tables réunies de peine et de misère. Une poignée de monde s’est déplacée pour venir marchander avec un père Noël bien esseulé pour distribuer ses cadeaux.

De son côté, la municipalité a soutenu comme d’habitude la parade du père Noël. Quant à l’Eau Berge, elle a continué d’ouvrir ses portes malgré ses doutes. Un engagement, c’est un engagement ! Avec ses bénévoles, jamais les lieux n’ont été aussi bien décorés. Une façon de maquiller la triste réalité. L’ajout d’un magicien, d’un spectacle (Street Meat) — après Tadoussac le film — et de Madame So avec ses demoiselles sont venus mettre un brin d’animation pour occuper les vides. Pendant qu’on remettait les choses en place, Raoul et Éric ont maintenu la tradition à leur façon. Pour certains, ç’a été un baume sur des déceptions, pour d’autres, l’occasion d’amorcer une réflexion afin de trouver des solutions pour le futur. Même si l’événement n’atteignait pas son apogée avec ses quelque trente tables, ses multiples activités et une place noire de monde, l’optimisme est demeuré.

Que s’est-il passé ? Les raisons sont nombreuses. Tous les connaissent à peu près. Faut-il toujours blâmer les autres sans se regarder le nombril ? Un examen de conscience s’impose. Ce trou noir qui semble paralyser tout le monde est-il la cause de tous nos maux ? Est-ce la faute de nos dirigeants ou de nos gouvernements comme d’habitude ? Un dicton dit : aide-toi et le ciel t’aidera.

Ce n’est que solidairement qu’on va prendre nos choses en main. Je sais, ce n’est pas pour demain, mais il faut commencer dès maintenant.

Aujourd’hui, le Marché de Noël est en danger. C’est un symptôme qui guette aussi les autres Marchés de Noël de la région qui n’oseront pas se renouveler. Une fois la vague passée, qu’en restera-t-il ? Sinon l’échange entre notre argent et le fait d’avoir économisé sur des frais de lithium en repoussant plus loin la déprime par ces petits bonheurs d’occasion. Le défi pour Tadoussac, ce n’est pas d’être le premier salon ouvert pour vendre, mais d’être le meilleur d’année en année.

Dans ce sens, un post mortem sera fait prochainement. Serez-vous tous au rendez-vous pour l’avenir de Tadoussac ?

P.-S. — Avec le Marché de Noël, allons-nous continuer à nous amuser entre nous en nous échangeant notre monnaie pour le moral de tous ou oserons-nous nous lancer dans un événement prospère qui contribuera à diminuer le trou noir — période où les chiens mangent le mastic des vitres, comme on se plait à le dire. Merci aux Français, Espagnols, Suisses et Montréalais de passage à l’Eau Berge. Sans eux, le Marché de Noël n’aurait pu se réaliser cette année. Une aberration, compter sur des étrangers pour nous animer.

Bonne année !

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