J’ai interviewé l’évêque

Par Marilyne Gagné

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Lorsque j’ai reçu une invitation à rencontrer l’évêque de Baie-Comeau pour notre journal communautaire, sans hésiter, je me suis dit que je n’étais pas la personne idéale pour réaliser cet entretien.

Premièrement, je ne suis pas une fan de religion et deuxièmement, je n’avais aucune idée des questions à poser. J’ai donc lancé l’invitation à Jane, mais malheureusement, elle était absente et elle ne pouvait faire l’entretien. Suite au refus d’une autre personne qui, à mes yeux, aurait pu être bien placée pour faire l’entrevue, je me suis mise à réfléchir et à trouver intéressant que mon point de vue de non-croyante rejoigne une bonne partie des lecteurs du journal. Et après tout, c’est le journal du temps des fêtes, et qui dit Noël, dit messe de minuit, donc l’église est l’endroit où beaucoup de gens, croyants ou non, se rendront pour être dans l’ambiance des fêtes.

J’ai donc saisi mon clavier et créé un document que je nommai : questions pour l’évêque. Jane aussi y a mis son grain de sel. Elle voyait un grand intérêt à rencontrer l’évêque. Étant croyante, pratiquante et femme de pasteur, sa connaissance de la religion est de toute évidence plus avancée que la mienne, ce qui aurait changé complètement la nature même de l’entrevue. Même s’ils sont de confession protestante, Jane et Alan sont impliqués ici à l’église de Tadoussac et ont été accueillis en tant que chrétiens dans l’Église catholique, ce qu’il n’est pas toujours possible de faire ailleurs, comme à Montréal, m’a-t-elle dit.   Elle m’a soumis deux questions que j’ai accepté de poser à la fin de mon entrevue.

Mon cheminement de vie m’a souvent amenée à réfléchir à l’importance de la religion dans nos vies. J’en ai tiré ma propre conclusion, mais selon l’évêque, cette conclusion pourrait être appelée à changer selon les expériences que l’on vit. Selon lui, les réponses aux questions fondamentales qui sont quelques fois délaissées par un certain rythme de vie reprennent de l’importance face à des évènements tels que la maladie ou la mort. Et toujours selon l’évêque, ces réponses se trouvent dans le message de Jésus, fils de Dieu.

Samedi après-midi, je retrouve donc l’évêque chez ma mère pour une brève entrevue qui s’est avérée être assez intéressante. Curieuse de nature, je me suis ouverte à sa personne. Son travail de dignitaire de l’Église et d’administrateur d’un diocèse a fait de lui une personne habituée aux discours, à l’enseignement de son message, qui n’est pas toujours évident à saisir, et aussi, ouverte à d’autres, donc à moi. Son choix de vie est une vocation consacrée totalement à sa religion. Je vois en lui une personne honnête et spirituelle, ce que je recherchais avant tout.

Était aussi présent pendant l’entrevue, monsieur, pour ne pas dire mon oncle, Claude Deschênes. Il est responsable de l’accueil de l’évêque à Tadoussac et c’est aussi lui qui avait fait l’invitation au journal afin de le rencontrer. Je pense qu’il lui avait résumé un peu ma personne, mon parcours et peut-être aussi mon rebellisme face à la religion. L’évêque était préparé et savait un peu à qui il avait affaire. Pendant une bonne partie de l’entrevue, nos yeux se sont peu croisés. Il préférait regarder la personne qui l’accompagnait. Je n’étais pas tout à fait à l’aise avec ça et je me demandais pourquoi. Timidité, inconfort avec les femmes ou avec moi, la brebis égarée ? Bref, j’ai imaginé toutes les hypothèses possibles pendant qu’il se concentrait à répondre à mes questions.

Je ne voulais pas non plus orienter l’entrevue vers un débat obstiné, car je ne pense pas qu’il faut débattre de nos croyances, mais qu’il faut plutôt échanger sur ce sujet : cela nous fait grandir dans nos réflexions respectives. Même si la religion catholique a beaucoup fait parler d’elle de la pire manière ces dernières années et malgré ma certaine incompréhension envers les fervents de Dieu, j’ai toujours eu un profond respect pour ceux qui croient pour vrai et non à moitié, peu importe la religion, et qui utilisent cette croyance de la bonne façon. Voici donc « questions pour l’évêque ».

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