2. tôt sans torts

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alexuc dubandre
de tadoussal à montréac

comment nous attarder à des livres auxquels,
sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ?
georges bataille : le bleu du ciel.

2. tôt sans torts

je rencontre l’amour tout au bout de la route 401. île magnifique tout au bord d’une aile d’eau : une eau merveilleuse, chatoyante, à mille anses de mes désirs les plus fous. ainsi à l’endroit où les racines des arbres trempent dans l’eau, cet ancien fort rouillé m’émeut fort, après une fraîche rigolade, sans effort, je m’abandonne à la passion, je sors retrouver mon âme. le porc entre au port, comme chante le dicton, et les jambons ouverts, le chaudin en rut, l’échine épicée, le saucisson raide comme l’argent, l’arche m’accueille non sans un clin d’oeil… j’écris des cris de ville en train d’errer, des cathédrales de ventres solaires, des lumières de lacs immenses, et toujours ma montre m’indique amour. médicament contre la mort, un mur me murmure mon nom…

tout d’abord ? mardi : tresses. puis jeudi ? jeu. vendredi ? vénus ! certainement la plus belle des planètes de la syllepse sommaire. samedi ? c’est ce qu’elle me dit qui me revient : « tu m’uses à m’amuser. médusées, mais usées, mes humaines mains divines hument le matin mutin. » je laisse ce rêve tendre à la dérive, ce devin, et m’enfonce davantage dans la cochonnaille… à m’en perdre la boule ! dix, cent, mille, les aurores médianes demeurent des ancrages entre johnny qui meure, et jenny qui sourit ! ma boule se retourne devant la déesse hindoue kumari… jeunesse éternelle… et la majorité qui m’emporte ! et les compagnons sortent du lot, les lieux s’importent mieux en solo et han de mourir la dernière fois… quoi maintenant que la dernière arrive ? qui entrouvre le delta sauvage et imprudent, impudique et salace ?

je m’engage. torpeur sitôt découverte, sitôt décor des corps. tôt sans torts ; sans son marteau, thor serre son manteau trop. on aime. on aime le mouvement de sa bouche, la tournure de ses lèvres, sa hanche malgache, le film de son côté droit, ses doigts magiciens, sa chaleur d’automne plus chaude que l’été valeureux, sa poitrine enflammée et son coeur gigantesque, toronto me séduit presque autant que toi, ma chérie, et je reviens à toi chaque fois que je regarde l’eau là-bas, l’aube là, l’au-delà, très loin, qui nous étincelle de milles feux, tel à tadoussac les rives ivres… je suis l’anse invisible visant la cible de tes cheveux lumineux… je suis mon chemin d’or vers lèche, main, dos, phare, suie… car nous sommes ce que sont nos rêves… et j’en suis un… une…

toronto, je quitte l’apport en gens au tout petit matin de lune. que reste-t’il de la citadelle ? une manière de ressentir le présent, un son de sang grandissant, roche ici-bas chue d’un regard clair et généreux, ma bataille se calme, je ne pense plus donc je suis, tes seins ceignent ma gorge d’un amour civil et la population de mes désirs, extrapolation enfin qui expire, rentre à la maison de mon réel… la vallée bée ondoyante et calme comme la rive de tes cuisses suisses… la normandie gourmande ou le roc d’un chocolat sève… l’héroïne renoue avec mon corps…

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