MARINA

Par André Tremblay

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En novembre, lorsqu’on voit entrer dans le village un « boom truck », nous savons tous instinctivement qu’il se dirigera au bout du quai et que le lendemain, la valse des pontons commencera.

Ça veut aussi dire que c’est l’avant-dernier indice annonçant que l’automne est presque terminé avant que le départ de la Garde côtière mette le point final à une saison estivale fructueuse pour tous.

Le plus beau dans tout cela, c’est le spectacle offert par la technologie. Tous ces bouts de quai qui prenaient des jours et des jours à entreposer se feront maintenant en un tour de main.

Ce grand balai automnal aura toujours besoin d’huile de bras. Ce sont nos valeureux intermittents du spectacle comme on pourrait les appeler. Ce sont des humains discrets, presque invisibles, qui sont à la base de cette mise en place.   Dans un mouvement perpétuel de déboulonnage, des doigts se fendillent, des genoux craquent. Ils attachent et détachent, une à une, ces pièces métalliques qui viennent hiberner sur un quai qui nous appartenait et faisait partie de notre paysage.

Cette poignée de bénévoles, on les croirait d’une autre génération. C’est une denrée fragile et périssable qui est à la base d’un produit durable dans des villages menacés par la dévitalisation. Quelle contradiction !

Cependant, il y a une lueur d’espoir lorsqu’on voit autour d’eux quelques jeunes en pleine possession de leur énergie, venir les appuyer ; ça fait du bien.

Merci aux centaines de curieux qui sont passés et repassés, qui ont observé bien au chaud dans leur auto, ce splendide scénario. Avec tous ces gérants d’estrade, un espoir naît. L’an prochain, ils enfileront peut-être leur « penman », leurs bottes de « rubber », leurs mitaines, leurs bas de laine ainsi que leur parka bien fourré, pour venir à leur façon, donner du temps à la Marina, un bien collectif.

Merci aux administrateurs d’entretenir ce mythe du bénévolat qui a construit nos villages et le pays du Québec.

Merci à la directrice de montrer le chemin de l’égalité. Elle est habitée par une carrure supposément fragile et dotée de bras bien articulés dans une main de fer dont on peut être fier. À l’an prochain…

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