On remet les pendules à l’heure…!

par Lilas Lamontagne

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Une perspective citoyenne

Malgré l’excitation de notre départ, mon plus grand regret cet hiver est de quitter l’implication que j’ai dans cette magnifique communauté que nous sommes tous ensemble.  Bien qu’il y ait des dissensions parfois, j’ai beaucoup d’admiration pour l’esprit d’entraide et de fraternité qui y règne par ailleurs. Ce qui m’anime et que j’ai souhaité apporter, c’est bien sûr d’orienter la vision de la communauté vers le développement durable, parce que je crois qu’il faut poser tous nos actes et orienter nos pensées en fonction de l’avenir de nos enfants sur le long terme et qu’il faut le faire là, dès maintenant.
Dans ce sens, je voudrais vous partager mes réflexions par rapport à la transaction effectuée entre AML et les élus de la Municipalité. Tout un été s’est écoulé déjà depuis que le bail a été signé bon gré mal gré, mais les relents de cette décision qui était loin de faire l’unanimité laisse des traces encore fraîches dans le coeur de plusieurs néo-Tadoussaciens et Tadoussaciens de souche.
Pourquoi cet émoi, cette révolte même chez plusieurs d’entre nous?
D’abord parce qu’il y a une impression de huis clos parfaitement dérangeante dans cette transaction qui s’est pourtant étalée sur une certaine période de temps. Un laps de temps suffisant qui aurait pu et dû donner lieu à une consultation citoyenne parce qu’il s’agit là d’un bien public d’importance capitale quant à l’économie de notre village. Je tiens aussi à rappeler que des citoyens avaient été rencontrés les conseillers ET le maire afin de demander un sursis d’un an avant  la signature d’un nouveau bail de sorte à ce que des projets citoyens aient le temps de se mettre en place. Suite à cela, plus aucune nouvelle jusqu’à la réunion du conseil où la décision était finalement déjà prise, une parodie de consultation…
Ensuite, c’est l’amertume d’avoir été traité de façon si condescendante par notre maire, “représentant des citoyens”, qui, en prime, a pris cette décision majeure juste avant de quitter son poste. J’ose au moins espèrer que nous ne le verrons jamais sièger sur un conseil d’administration ou quelque autre rôle au sein de la compagnie AML.
Et finalement, c’est principalement là où je veux en venir quand je parle de remettre les pendules à l’heure, c’est que l’enjeu ne se situait pas entre les projets d’André Tremblay et la Cie AML…!!! Je le mentionne parce que c’est ce que j’ai entendu plus d’une fois venant de la bouche de ceux qui étaient en faveur de la location exclusive du quai à AML. En regard de cette réaction, voici ce que je souhaite partager :
  • En premier lieu, André Tremblay, qui est contesté par plusieurs pour ces méthodes anarchiques, a été associé à l’ensemble des projets des opposants à la signature du bail. C’est là que l’enjeu doit être recentré : André Tremblay n’était pas propriétaire de la Grosse-Ile qui appartient en réalité à Didier Épars. André Tremblay soutenait seulement le projet de la goélette. Il n’est en réalité propriétaire que de l’entreprise de zodiac et de kayak Tadoussac Autrement.
  • D’autre part, ceux qui étaient en défaveur de cette exclusivité n’étaient pas contre la Cie AML, la demande était simplement qu’il y ait un droit d’accès à la passerelle pour toute autre embarcation. Et l’enjeu va bien au-délà des projets qui furent présentés, il est question de permettre aux résidents de Tadoussac de développer des entreprises en lien avec le produit d’appel de Tadoussac, notre mono-industrie : l’observation de baleines. Et cela n’est plus possible pour une période non pas de 10 ans, mais de 20 ans, à moins de défaut de paiement de la part d’AML (Haha! La bonne blague!) Et pire encore, c’est qu’au-delà de cela, il n’est pratiquement plus possible de développer quoi que ce soit en terme de pratique commerciale maritime ici à Tadoussac.
Pour ceux qui ont été en faveur de la signature du bail par crainte que la Cie AML délaisse Tadoussac, dites-vous bien que c’est simplement en détenant l’exclusivité qu’ils peuvent agir ainsi. C’est-à-dire que si il y avait encore de la concurrence, ils seraient “obligés” de maintenir une présence ici à Tadousssac, destination internationale absolument privilégiée, sans quoi les concurrents prendraient leur part de marché. Mais maintenant qu’ils ont cette exculsivité, ils peuvent très bien décider d’orienter leur publicité vers Baie-Sainte-Catherine ou Rivière-du-Loup et ainsi diminuer l’achalandage à Tadoussac.
Je comprends que les élus qui ont votés en faveur de ce bail l’ont fait en évaluant que cela serait avantageux monétairement pour notre village, mais comme ils l’ont partagé eux-mêmes lors de la rencontre du conseil, ils manquaient d’expertise pour une désision de cette ampleur. À partir de là, je me répète, ils auraient minimalement pu et dû consulter leurs concitoyens.
En conclusion, j’espère que les nouveaux élus de Tadoussac sauront démontrer plus de transparence et développer une méthode consultative citoyenne qui pourrait par ailleurs, si cela est bien pensé, leur enlever des charges de responsabilité. Il en existe des modèles partout à travers le monde.
Voilà, je m’étais donné comme mandat de vous partager toutes ces réflexions concernant cette situation avant de partir. Je nous souhaite dorénavant de l’ouverture, de la transparence et de la cohésion.

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